Les turpitudes d'alcôve de M. Hollande nous en apprennent long sur l'état de la société française.
Il a eu, lors de sa conférence de presse, un mot formidable. Il a dit qu'il y avait des moments dans l'Histoire de France de "cristallisation".
C'est un mot que j'attribue à Stendhal, qui l'invente dans une tentative de description du sentiment amoureux. Ce qui est bien, c'est qu'avec M. Hollande, nous sommes effectivement là au cœur du sujet…
J'ai entendu, sur France Inter, les résultats d'une dernière étude d'opinion de la société française.
Des mots ressortent : morosité, défaitisme, défiance. La France serait entrée en dépression.
C'est bien triste, et pour moi qui croit beaucoup au pouvoir des mots, je les ressens comme des symptômes de ce que j'appelle désormais le Syndrome du Mitote.
Ce qui frappe à l'écoute de cet homme "normal", c'est que son discours n'a aucun sens.
Il nous propose un "pacte" mais un pacte suppose une confiance, un engagement.
Qui peut aujourd'hui faire confiance à M. Hollande ?
Valérie Trieweller ?
Julie ? Ségolène ?
Il veut relancer l'économie par l'offre. Mais il ne définit pas quelle doit être cette offre.
Il ne remet nullement en cause l'espèce de spirale infernale dans laquelle nous nous sommes enferrés.
Il y a à peu près deux siècles, nous avons abandonné le champ du religieux. L'argent, les sciences, la soif de progrès ont occupé l'espace laissé vacant. Ils sont devenus nos seuls rêves, nos seules croyances. Ils nous ont conduit à ne plus rien faire par nous même mais à le faire faire à des machines.
Nous n'avons jamais été si nombreux mais, pour permettre à des puissances mystérieuses que nous ne voyons jamais, que nous ne connaissons pas, de s'en mettre plein les fouilles, nous faisons FAIRE de plus en plus de choses aux machines. Nous ne faisons plus nous même mais le temps que nous passions à faire, nous le passons désormais à courir après l'argent. Le temps est devenu de l'argent.
Cela nous rend-il plus heureux ? Ça se discute…
Et ce qui est sûr, c'est que ça laisse beaucoup de gens sur le carreau
Nous sommes de plus en plus nombreux, mais nous sommes aussi de plus en plus dépensiers en énergie et de plus en plus producteurs de déchets de toutes sortes. Notre planète, la Terre, nous crie déjà qu'elle ne le supporte pas, qu'elle ne tiendra pas longtemps à cette cadence infernale.
Mais ce sont des cris qui ne semblent pas toucher nos dirigeants. Ils ne les entendent pas ou plutôt ils font comme si...
L'économie doit, comme nous y invite Pierre Rahbi, changer de paradigme.
Elle doit se mettre au service des hommes.
Elle doit récompenser la valeur ajoutée humaine.
Aujourd'hui, juste à côté de chez moi, se battent des hommes qui défendent un commerce de proximité. Ils proposent aux habitants du quartier des produits de qualité, souvent produits par des artisans, des agriculteurs locaux. Ils travaillent beaucoup trop. Ils sont ouverts tous les jours de la semaine, pas le lundi mais le samedi toute la journée, le dimanche matin. Ce rythme infernal écarte évidemment de leur vie toute présence d'une femme, car qui pourrait accepter un tel calvaire ? Tout ça, parce qu'ils ne peuvent pas embaucher quelqu'un pour venir les relayer. Quelqu'un avec qui ils partageraient un métier qu'ils aiment, des contacts, des sourires, des discussions.
N'est-ce pas triste ? Ne pourrait-on dire affligeant ?
Sommes-nous, à ce point, sûrs que cela ne puisse changer, qu'il n'y ait rien à y faire ?
Enfin, quand je dis que nous devons nous réapproprier le mot Argent, que nous devons rétablir la règle, lui permettre d'accepter le pluriel : art - gens, je me réjouis de pouvoir ajouter aujourd'hui que cet "art" qui se distingue si bien, est bien sûr l'art de VIVRE.
On nous a appris à penser, à être. On ne nous a pas beaucoup dit que nous étions là pour VIVRE
C'est un mot qui change tout
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